Sur le marché de l’occasion, chercher une Peugeot 308 en boîte automatique revient à naviguer entre trois technologies très différentes : la BMP6 robotisée, l’EAT6 et l’EAT8 à convertisseur de couple. Chacune est associée à des motorisations distinctes (e-HDi, BlueHDi, PureTech, THP) et leur comportement au quotidien n’a rien de comparable. Avant de signer, mieux vaut savoir précisément ce qu’on achète.
BMP6 sur 308 phase 1 : la boîte robotisée à éviter en ville
La première génération de 308 (2007-2013) proposait une boîte pilotée BMP6, couplée au 1.6 e-HDi. Sur route dégagée, le fonctionnement reste acceptable : les à-coups se font discrets et la consommation reste contenue.
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Le problème apparaît dans les embouteillages ou en manœuvre. Les passages de rapports sont lents, parfois hésitants, avec des secousses que les passagers ressentent nettement. On est loin du confort d’une vraie automatique à convertisseur. Les forums Peugeot regorgent de retours négatifs sur ce point précis.
Côté fiabilité, l’actionneur d’embrayage de la BMP6 reste le point faible récurrent. Les retours varient sur le kilométrage auquel il lâche, mais la panne est suffisamment documentée pour qu’on la considère comme un poste de maintenance prévisible plutôt que comme un incident rare. Si vous achetez une 308 phase 1 en BMP6, demandez systématiquement la date du dernier remplacement de l’actionneur et de l’embrayage.
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EAT6 et BlueHDi : le vrai saut de confort sur la 308 II
Avec la 308 II (à partir de 2013), Peugeot a basculé sur la boîte automatique Aisin à six rapports (EAT6), d’abord associée au 2.0 BlueHDi. Le changement de philosophie est radical par rapport à la BMP6 : on passe à un convertisseur de couple classique, avec des transitions douces entre les rapports.
Le couple BlueHDi 180 + EAT6 en usage réel
Un utilisateur ayant parcouru plus de 240 000 km en 308 2.0 BlueHDi 180 EAT6 rapporte une fiabilité mécanique solide du groupe motopropulseur. La boîte elle-même ne pose pas de souci majeur à condition de respecter les intervalles de vidange d’huile de boîte, un point que beaucoup de propriétaires négligent parce que le constructeur annonce un remplissage « à vie ».
En pratique, une vidange tous les 60 000 à 80 000 km selon l’usage (ville intensive ou mixte) prolonge considérablement la durée de vie. C’est un entretien peu coûteux qui change la donne sur le long terme.
Le 1.5 BlueHDi 130 EAT8 : la combinaison la plus répandue en occasion
Sur la 308 II restylée puis la 308 III, le 1.5 BlueHDi 130 associé à l’EAT8 (huit rapports Aisin) est devenu la motorisation automatique diesel de référence. Les avis convergent sur plusieurs points :
- Confort de conduite élevé, avec des passages de rapports quasi imperceptibles en conduite souple
- Consommation réelle contenue, souvent citée comme un point fort par les propriétaires en usage mixte
- Bruit moteur bien filtré dans l’habitacle, y compris sur autoroute
Le volume de coffre, en revanche, revient régulièrement comme un point faible relatif par rapport à certaines concurrentes du segment.
PureTech et EAT8 essence : agrément modifié par les normes antipollution
La combinaison PureTech (1.2 turbo trois cylindres) + EAT8 mérite un traitement à part. Si la boîte elle-même est identique à celle des versions diesel, le comportement ressenti diffère à cause des calibrations moteur.
Depuis l’arrivée des normes Euro 6d puis Euro 6e, Peugeot a modifié les lois de passage de rapports sur les PureTech + EAT8. Les montées de rapports sont plus précoces, la gestion à froid plus conservatrice. Le résultat : un agrément jugé un peu moins vif qu’aux débuts de la génération, mais une consommation mieux maîtrisée en usage réel.
Pour ceux qui cherchent du dynamisme, le mode Sport (quand il est présent dans la finition) retarde les passages et redonne du répondant. Sans cette option, la boîte privilégie systématiquement l’économie.
Le sujet PureTech et la courroie de distribution
On ne peut pas parler de fiabilité du PureTech en boîte auto sans évoquer le problème de courroie de distribution humide qui a touché les premières générations du trois cylindres. Ce souci n’est pas lié à la boîte elle-même, mais il conditionne directement la valeur et la fiabilité globale du véhicule. Vérifiez si le rappel constructeur a été effectué et à quel kilométrage la courroie a été remplacée.

Entretien boîte automatique 308 : ce qui change la durée de vie
Quel que soit le type de boîte (EAT6 ou EAT8), l’entretien fait toute la différence entre une transmission qui dure et une qui commence à patiner après quelques années. Voici les points à surveiller sur une 308 automatique d’occasion :
- Vidange d’huile de boîte : à faire même si le carnet d’entretien ne la mentionne pas explicitement, surtout en usage urbain fréquent
- Comportement à froid : une boîte qui « tape » en passant de P à D à froid peut signaler un niveau d’huile bas ou une huile dégradée
- Réactivité en rétrogradage : un temps de réponse anormalement long lors d’un kick-down (pied au plancher) peut indiquer un convertisseur fatigué
- AdBlue sur les BlueHDi : pas lié à la boîte, mais un réservoir vide bloque le démarrage, et les sondes de niveau sont un poste de panne connu
Un essai routier d’au moins vingt minutes, incluant des phases de ville, de relance sur nationale et un démarrage en côte, reste le meilleur diagnostic avant achat.
Quelle 308 automatique choisir selon l’usage
Pour un usage principalement urbain avec des trajets courts, le 1.5 BlueHDi 130 EAT8 offre le meilleur compromis entre douceur de fonctionnement et coût d’utilisation. Le PureTech 130 EAT8 convient mieux aux profils mixtes qui veulent éviter les contraintes liées au diesel (AdBlue, FAP) tout en gardant un agrément correct.
La BMP6 de la 308 I ne vaut le coup que pour un budget très serré et un usage exclusivement routier. En ville, la frustration l’emporte rapidement sur les économies réalisées à l’achat.
Dernier point souvent oublié : sur les 308 III les plus récentes, les calibrations EAT8 ont encore évolué. Les retours des premiers propriétaires montrent une boîte plus réactive en mode Normal qu’en début de carrière de la 308 II, probablement grâce aux mises à jour logicielles successives. Une 308 automatique récente et une de 2014 ne se conduisent pas de la même façon, même si le nom « EAT » figure sur les deux.

